Auto, moto, camion, vélo ou roller : les multiples vies du Circuit Bugatti

En complément du grand circuit (qui accueille les 24 Heures du Mans) - et dont la majeure partie du tracé n’est utilisée que de manière temporaire - l’Automobile Club de l’Ouest a souhaité se doter d’un circuit permanent. C’est ainsi que fut inauguré en 1966 le Circuit Bugatti. Un tracé court mais exigeant, devenu le cadre de très nombreux événements.

Un circuit pensé pour la moto

La première maquette du circuit est présentée en décembre 1963. Construit en 1965 puis inauguré l’année suivante, le Circuit Bugatti compte 11 virages (7 à droite et 4 à gauche). Son nom, il le doit à la passion que vouait Jean-Marie Lelièvre à la marque Bugatti. Lui qui était à l’époque Président de l'Automobile Club de l’Ouest et historien de l'automobile voulait associer à ce nouveau circuit le nom d’une marque symbole de l’excellence française. Depuis, le tracé a changé par petites touches, sa longueur totale étant assez proche des 4,240 kilomètres d’origine. Vous pouvez en apprendre plus sur ces changements dans cet article, « Les huit visages du Circuit Bugatti ».

Un nom lié à l’automobile… mais pourtant, c’est très rapidement au monde de la moto que le circuit est lié. Le Grand Prix de France (organisé dans le cadre du Championnat du Monde de vitesse moto) se rend au Mans dès 1969. Une sorte de retour aux sources, car c’est en Sarthe que fut organisée la première épreuve de ce type en France… en 1920 ! Dans les années 70 et 80, le Continental Circus vient au Mans. En alternance avec le Circuit Paul Ricard, Nogaro ou encore Clermont-Ferrand, le Circuit Bugatti adopte définitivement en 2000 le Grand Prix de France moto (MotoGP), qui s’y tient depuis chaque année devant près de 200 000 spectateurs. Un temple de la vitesse.

Depuis la victoire de Giacomo Agostini, premier vainqueur sur MV Agusta, de nombreux pilotes ont posé leurs roues sur la piste. Des pilotes de vitesse, mais aussi des spécialistes de l’endurance. Car le Bugatti, c’est aussi le théâtre des 24 Heures Motos. Depuis 1977, cette épreuve créée par l’ACO (pour concurrencer le Bol d’or) rassemble les meilleurs spécialistes de la discipline.

Quatre roues, deux roues : le Circuit Bugatti accueille tout

Le Circuit Bugatti est lié à la moto… et aux voitures. Pour la seule et unique fois de son histoire, le Circuit Bugatti a accueilli le 2 juillet 1967 le Grand Prix de France de Formule 1, remporté par Jack Brabham devant Dennis Hulme et Jackie Stewart. Depuis, la F1 en France s’est rendue sur de nombreux autres circuits (Rouen, Charade, Dijon, Paul Ricard, Magny-Cours) mais jamais n’est revenue en Sarthe.

En revanche, les compétitions automobiles qui se tiennent sur le circuit – aujourd’hui avec un déroulé de 4,185 kilomètres – sont nombreuses : tous les événements Club de l’ACO se tiennent sur le tracé. Des roulages organisés par des constructeurs aux stages de pilotage en passant par des événements privés, le Circuit Bugatti vit toute l’année. Ne croyez pas que les salariés de l’ACO (dont certains ont un bureau avec vue sur le circuit) voient chaque jour un circuit vide. Au contraire, l’activité y est intense. Même les camions s’invitent sur le circuit avec les 24 Heures Camions, grand rendez-vous de la discipline. Bien entendu, la mythique épreuves des 24 Heures du Mans emprunte une partie du Bugatti, du virage du raccordement jusqu’au virage de la Chapelle, soit environ 1 500 m.

Le Circuit Bugatti accueille même des événements non-mécaniques. Depuis 2000, c’est le cas par exemple des 24 Heures Rollers qui permettent de couvrir en rollers et en relais, le maximum de distance sur une période de 24 heures consécutives. Se tiennent également sur le circuit les 24 Heures Vélo. « D’apparence plate lorsqu’on voit filer les bolides à moteur, la fameuse « Bosse du Dunlop » vous chatouille les cuisses à mesure des tours » confient les organisateurs sur leur site officiel, https://www.24heuresvelo.fr. Il faut avouer que les participants doivent composer avec une montée de 600 mètres de 3,5% à 7% avant la Passerelle Dunlop. Un vrai mur pour débuter le tour, invisible ou presque en voiture ou en moto à pleine vitesse.

Crédit photo : Pierre-Yves Riom - Peter Auto