Silverstone, le circuit historique devenu iconique

Bâti sur un plateau, le circuit de Silverstone n’est pas situé dans un cadre qui charme par sa beauté exceptionnelle. Ce que l’on remarque le plus dans ce coin du Northamptonshire, c’est la météo. Elle offre régulièrement aux spectateurs et aux pilotes un récital, celui des quatre saisons qui peuvent se succéder en un seul après-midi. Passer de la canicule à la tempête de pluie en quelques minutes y est fréquent. Pourtant, Silverstone est attachant.

D’un aérodrome à un circuit ultra-moderne

Comme beaucoup de circuits anglais, Silverstone était à l’origine un aérodrome. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les deux autres circuits anglais alors en service - Donington Park et Brooklands – n’étaient plus praticables, en partie détruits.

Le Royal Automobile Club se jette alors sur la piste et organise ainsi le Grand Prix de Grande-Bretagne dès 1948. Puis Silverstone accueille le tout premier Grand Prix de F1 organisé dans le cadre du nouveau Championnat du Monde en 1950. Un événement remporté par Giuseppe Farina sur Alfa Romeo.

Les évolutions du « Home of (British) motorsport »

Le tracé évolue grandement entre 1948 et 1950, notamment pour résoudre un (gros) problème : les concurrents se croisaient pendant la course, la piste présentant une intersection. En 1951, le British Racing Drivers Club (BRDC) prend les commandes et émerge alors le tracé dans sa forme actuelle ou presque.

D’années en années, le circuit évolue. Accueillant la F1 en alternance avec Aintree et Brands Hatch, Silverstone se dote de nouveaux stands en 1971. Puis le circuit s’adapte à la course à la vitesse des années qui suivent. Un virage est créé avant Woodcote en 1987 pour casser la vitesse des monoplaces (notamment), qui atteignent des chiffres dingues.

L’évolution majeure la plus récente remonte à 2010. Silverstone a conservé son âme, mais la dynamique du tracé a été revue. Le complexe des stands et le paddock a été déplacé, et un ensemble de nouveaux virages érigé.

Un circuit mythique, où chaque virage a son nom

Les circuits les plus modernes utilisés en F1 – souvent issus de l’imagination de l’architecte Hermann Tilke – sont composés de virages, parfois uniquement numérotés. Ce n’est pas le cas à Silverstone. Tout comme à Monaco, Spa-Francorchamps et Monza - autres tracés historiques encore au calendrier – les connaisseurs égrainent le nom de chaque virage. Abbey, Farm, Copse, Stowe…

N’oublions pas l’enchaînement Maggotts-Becketts-Chapel. Une épreuve, un passage impressionnant qui, à l’image de la section du virage Porsche du Circuit des 24 Heures du Mans, est un juge de paix pour tester la stabilité et l’aisance d’une voiture.

Preuve de l’intérêt du public et de l’attachement des fans, Silverstone est l'un des Grand Prix les plus fréquentés du calendrier actuel de la Formule 1. Le nombre de spectateurs le jour de la course dépasse les 140 000 visiteurs. Déjà, en 1948, 100 000 spectateurs étaient là selon les récits de l’époque.

Aujourd’hui, Silverstone reçoit tous les types de compétition : auto (F1, endurance, tourisme) mais aussi moto (Superbike, MotoGP). Le circuit ambassadeur de l’Angleterre par excellence.